Ce que font les granules d’amidon

Le riz cru est composé de granules d’amidon enroulés serrés. Quand ces granules entrent en contact avec de l’eau chaude, ils absorbent l’humidité et gonflent — jusqu’à ce que leur structure se décompose et que l’amidon se solidifie en une texture cuite et moelleuse. C’est ça, la gélatinisation.

Selon Harold McGee dans On Food and Cooking, la température de gélatinisation varie sensiblement selon le type d’amidon : l’amidon de pomme de terre commence à gonfler entre 58 et 65°C (136–149°F), l’amidon de blé entre 58 et 64°C (136–147°F), et l’amidon de riz entre 68 et 78°C (154–172°F) — le plus élevé des amidons courants en cuisine. C’est pourquoi le riz exige plus d’eau et de chaleur que les préparations à base de blé. Une fois entièrement gélatinisé, l’amidon peut absorber de 10 à 30 fois son propre poids en eau, ce qui explique pourquoi le ratio d’eau dans la cuisson du riz est si déterminant.

En dessous du seuil de gélatinisation, les granules n’absorbent pas assez d’eau. Au-dessus, ils absorbent trop et éclatent, libérant de l’amidon libre dans l’eau — ce qui rend le riz collant et pâteux.

Sources

Pourquoi on rince le riz

La surface du riz sec est couverte de poussière d’amidon — des fragments arrachés pendant la transformation et le conditionnement. Cet amidon de surface se dissout instantanément dans l’eau bien avant d’atteindre la température de gélatinisation. Résultat : une eau de cuisson chargée en amidon qui fait coller les grains ensemble.

Rincer le riz à l’eau froide élimine cet amidon de surface avant la cuisson. On rince jusqu’à ce que l’eau soit claire — deux ou trois passages suffisent généralement.

Le ratio change en autocuiseur

Sur la cuisinière, on cuit le riz avec plus d’eau qu’il n’en faut, car l’évaporation en prend une partie importante. Le ratio classique 1:2 (un volume de riz pour deux volumes d’eau) tient compte de ce qui s’évapore.

Un autocuiseur est hermétique. Aucune vapeur ne s’échappe. Le ratio descend donc à environ 1:1,25 ou 1:1,3 en volume — toute l’eau passe dans le riz. Utiliser le ratio de la cuisinière dans un autocuiseur donne un riz détrempé et trop mou.

Pourquoi 3 minutes suffisent

Trois minutes sous pression paraît trop court. Mais à l’intérieur de l’autocuiseur, l’eau bout à environ 120°C au lieu de 100°C. La gélatinisation s’accélère à plus haute température, et les 10 minutes de dépressurisation naturelle qui suivent maintiennent le riz en cuisson douce grâce à la chaleur résiduelle, sans ajouter d’eau.

Passer directement à la dépressurisation manuelle sans attendre stoppe la cuisson brutalement. Certains grains restent avec un cœur pas tout à fait cuit. La période de repos fait partie intégrante du temps de cuisson.